La paCisvité pour les nul-les.

Soumis par Émile le lun 20/11/2017 - 14:53

[Transphobie sous toutes ces formes – accès aux soins, discrimination, tentative de meurtre, agressions, mégenrage, culture, police. Description de la transphobie systémique]

 

Article destiné aux personnes cis


Quand on a commencé à parler d'écrire un article pour le Trans Day of Remembrance, mon premier réflexe a été de me dire, le temps de quelques secondes, que je n'étais peut-être pas la personne la mieux placée pour parler.
Que je n’étais pas en deuil, que je n’étais pas si visiblement trans que ça et que ce n’est pas moi qui avais le plus de risques de me faire agresser ou assassiner.
D’autres auront plus important à dire, et le diront mieux, me disais-je. J’aiderai à relire.
Bref, je ne me sentais pas légitime. Sentiment d’illégitimité courant et pour beaucoup quotidien, dans un monde qui nous demande sans cesse de prouver que nous sommes bien qui nous sommes.

 

Sauf que.
J’avais beau ne pas être la personne qui risquait le plus de me faire agresser, bah, cela m’était pourtant arrivé.
Plus d’une fois.
Je ne les avais juste pas interprétées comme de vraies agressions.
Je n’ai pas pris ça autant au sérieux que si ça avait été quelqu’un-e d’autre : un-e ami-e, une connaissance, ou même une personne dans un article sur internet.
D’ailleurs, cette fois où l’on a tenté de nous tuer, moi et une très vague connaissance (on nous avait présenté-es ce jour-là, nous ne nous sommes jamais recroisé-es), ce n’est pas pour moi que j’ai eu peur, mais pour elle.
Et quelques jours plus tard, ce n’est toujours pas pour ma santé mentale que j’avais peur, mais bien uniquement pour la sienne.

Et c’est de cela que j'aimerais parler.

Du fait que si j'en ai parlé à une psy, c'est uniquement suite à l'insistance de certaines de mes connaissances.

Du fait que j'aurai eu besoin de deux ans, et de cet article, pour mettre les vrais mots sur ce qui m'était arrivé.
Du fait que cette “tentative de meurtre”, et bien ça me fait bien bizarre de la nommer ainsi, même si j'ai dû me rendre à l'évidence que c'est bien ces mots que je devrais écrire dans la balise d'avertissement.

Du fait que le lendemain de cet évènement, j’étais plus occupé-e à rire du ridicule de la chose que de chercher à savoir si cet évènement laisserait sa cicatrice, que de la soigner pour qu’elle laisse le moins de traces possibles.

 

On a beau dire et répéter autour de nous que non, c'est pas parce que tu es trans que tu vaux rien.
Que si, tu peux quand même faire des trucs bien.
Que non, tu vaux pas rien.
C’est beaucoup plus difficile à croire quand on ne s’adresse pas aux autres mais à soi-même.
Alors parfois, on ne se soigne pas autant que l’on devrait.
Parfois, on ne se rend même pas compte que l’on est blessé-e, on se dit que c’est normal, ce qui nous arrive.
Parfois on s’en rend compte mais l’on n’a pas envie d’inquiéter les personnes trans de notre entourage qui ont déjà assez de soucis comme ça.
Quand aux cis, on a bien l’habitude qu’iels ne nous croient pas, ou qu’iels nous prennent en pitié.

 

Parce que pour les personnes qui ne vivent pas la transphobie, le monde est binaire. Y’aurait d’un côté les méchants transphobes qui nous assassinent, ou nous agressent, et de l’autre les gentil-les cis qui ne font rien. Allez peut-être une troisième catégorie pour ces braves allié-es qui participent à une ou deux manifs par an et ont partagé un article qui parle des trans sur leur réseau social préféré.
Wow.
Tiens, un cookie.

 

En vérité, la transphobie, comme toutes les oppressions systémiques, c’est plus un spectre qu’une binarité. On compare aussi parfois la transphobie à une pyramide.
Un spectre, une pyramide, avec en bas toutes ces petites choses: rire à une blague transphobe ; mégenrer une personne ou la morinommer ; ou encore prendre les choses personnellement quand on vous dit que vous faites des choses transphobes, alors qu’on n’a même pas dit que vous étiez transphobes puisqu’on s’est juste plaint-es d’une situation oppressive et en l’occurrence, c’est une situation dans laquelle vous vous êtes déjà trouvé dans le rôle de l’oppresseur-euse.
Je vais vous confier un secret. Je m’en fiche, de ce que vous avez fait vous, personnellement. Ce que je compte, c’est le mal total que les cis me font, à moi et à mes adelphes. Si tout à coup vous prenez conscience d’avoir eu ce comportement oppressif, alors tant mieux.
Maintenant pas la peine de vous défendre, je vais faire votre défense à votre place. C’est la société qui vous a appris ça. Tout ce qu’on attend de vous maintenant, c’est que vous changiez ces comportements qui nous blessent.

 

Voyez-vous, chères personnes cis, tout comme nous avons appris à ne pas être respecté-es, la société vous a appris à ne pas nous respecter. Et j’aimerais que vous fassiez ne serait-ce qu’un dixième des efforts que je fais à la fois pour essayer de survivre et pour croire en moi, à nous respecter.
 

Voici une liste (non exhaustive bien évidemment) de quelques autres événements et éléments transphobes. Suivis parfois de mes réactions, pas toujours celles auxquelles vous vous attendriez. Suivies souvent de l’implication des “cis pas transphobes”. Le spectre des violences peut bien avoir un ordre des fois, selon, je ne sais pas, probablement ce qui est le plus condamné par la loi, mais des choses simples peuvent être bien violentes. Car au final, tout est lié.
 

  • Coming-out à des ami-es qui se sont permis-es de m’expliquer ma transidentité. Vous n’êtes pas spécialistes. Et même si vous l’étiez, je ne vous demande pas votre avis. Juste de m’appeler par mon prénom. C’est comme se prendre une claque par quelqu’un-e en qui l’on avait confiance. Merci pour la violence.
    Cet-te ami-e, c’est sans doute vous, l’auto-proclamé-e humaniste ou ouvert d’esprit.
    Et encore vous, la personne qui nous accepte malgré tout. Qui nous tolère.

     

  • Refus de soin. Une doctoresse découvre que je suis trans, s’amuse à me diagnostiquer, décrète qu’en fait je ne suis pas trans (ma transitude ne correspondant pas au discours habituel des média.) Totalement hors-sujet bien sûr, je n’avais rien demandé par rapport à ma transitude, et je repars sans les soins que j’avais demandés de base. (“Vous n’avez rien de grave.”)
    Je n’ai pas été choqué-e, surpris-e ou quoi. C’est courant chez les personnes trans, et j’avais été prévenu-e.
    J’ai juste conclu que rien ne servait d’aller chez lea médecin-e, et après ça je n’y suis plus allé-e qu’une ou deux fois par an, en gros.
    Je réalisais que je n’allais pas pouvoir me faire soigner, mais ça ne me choquait pas plus que ça.

     

  • Pas d’accès à un logement. Les cis m’ont fait tourner en bourrique pendant cinq mois, au point que je finisse par devoir squatter puis aller dans une auberge au total 16 semaines. Personne pour assumer sa transphobie.
    J’ai encore cherché un mois et demi après avoir trouvé un travail. Des collègues arrivé-es un mois après moi me passaient devant.
    Ce sont des cis comme vous, super sympas, qui me refusaient dans leurs colocs, le sourire aux lèvres.

     

  • Accès à un logement bis. Pendant tout ce temps que je n’avais pas de logement, des ami-es m’ont prêté un canapé, voir un lit dans une chambre vide. Alors que environ 90% des personnes que je connaissais à l’époque étaient cis, j’ai passé seulement 5% de mes nuits dans un appartement où ce n’était pas une personnes trans qui m’avait invité-e. Les personnes cis étaient pleines de compassion, mais où étaient leur aide, quand à deux heures du matin je cherchais encore un toit pour la nuit ?

     

  • Accès à un logement ter. Les sept semaines en auberge de jeunesse, j’ai passé mes soirées à faire de l’éducation, avec des cis qui cissaient, à donner leur avis sur tout. Merci bien, je sais qu’on est seize dans la chambre, mais demain je bosse à 4h. Maintenant si tu voulais bien sortir de mon coin et me laisser dormir / manger / tranquille, merci.
    Scoop.
    Les personnes trans ne sont pas trans dans le but de vous éduquer sur leur vie. Elles ont le droit de dormir aussi.

     

  • Accès à un logement quater. Youpi, j’ai chopé un appartement moisi (enfin, le plafond et les murs), hors de prix et pas accessible en transport dont une collègue ne voulait plus, et il a encore fallu que je mente sur mon genre.
    Je n’avais, et n’ai jamais depuis, été aussi heureuxe qu’en tenant pour la première fois ce jeu de clefs, le premier depuis tant de mois.

     

  • Toilettes. Avoir le choix entre mettre son respect de soi de cô pour aller dans des toilettes genrées d’un genre qui n’est pas le nôtre, ou bien mettre sa santé de côté et se retenir pendant parfois quatorze – seize heures.
    Je ne connais aucune personne cis qui se soit assurée que nous ayons des toilettes avant de m’inviter à sortir boire un thé.

     

  • Boulot #1 De l’éducation à faire, encore et toujours. À la pause déj, entre deux clients, dans le bus du retour. Des collègues curieuxes, pas forcément malveillant-es, avec toujours plein de questions, et la fatigue qui s’accumule, et les crises d’angoisse tous les matins avant de partir au taff, parce qu’en plus on est mégenré-e, parce que les larmes de cis, parce que ça n’arrête pas. Devoir se lever plus tôt le matin, être encore plus fatigué-e. Que de bonnes conditions pour travailler (ironie). Ce-tte collègue trop curieuxe, vous en faites partie. Laissez-nous explicitement le choix de ne pas répondre à vos questions. Parfois nous n’avons pas la force de refuser. Et acceptez de lire un article qu’on vous donnera en lien.

     

  • Boulot #2 Se faire virer, par un boss cis, par pure transphobie.
    Que même les collègues trouvent ça bizarre, mais personne pour voir que c’est pas juste de la malchance, que c’est de la transphobie. Pas un-e pour aller parler à la DRH.
    Être soulagé-e de se faire virer. Malgré toute la galère pour trouver un boulot pour pouvoir genre, survivre. On est soulagé-e.
    Un peu (beaucoup) anxieuxe par rapport à l’avenir, mais soulagé-e.
    Je n’ai pas saisi la possibilité que j’avais de faire appel. À quoi bon, puisque je n’avais eu aucun soutien de la part de mes collègues.

     

  • Boulot #3. Tiens, trouver un boulot.
    C’est comme trouver un logement.
    Des dizaines de promesses d’embauches après des entretiens qui se passent super bien, et puis au moment où l’on se rend compte que oh, je suis trans, paf, excuse de merde.
    Ça devient vite la routine de chercher un boulot. Mais chaque fois on y croit, car faut y croire pour chopper le job, et chaque fois on est déçu-e.
    Et on s’imagine très bien la réaction des cis, alors on laisse la plupart des gens se faire leur propre idée de pourquoi on n’a pas de job, on laisse les cis croire que la transphobie ne nous affecte pas.

     

  • Mégenrage. Ah le mégenrage, déjà mentionné plusieurs fois.
    C’est quand les cis s’adressent à quelqu’un-e d’autre que vous mais qu’iels s’en fichent en fait de s’adresser à vous ou pas.
    Mais vous êtes quand même censé-e répondre.
    Alors qu’on ne vous adresse pas la parole à vous mais à une image, un concept de vous qui aurait jailli de leur esprit, et vous répétez qui vous êtes mais osef, hein.
    Et au bout d’un moment parfois vous ne vous croyez plus vous même, et là c’est horrible, parce que vous ne vous aimez plus non plus généralement.
    Mais le confort des cis et de leurs habitudes, c’est plus important que le respect et l’amour, et la confiance en euxes des trans, apparemment.

     

  • Faire un petit documentaire sur les trans, dans le but d’assouvir la curiosité des cis et de faire du profit.
    Sans prendre en compte nos recommandations, et en interviewant ces pseudo-spécialistes de la SOFECT, association de médecins transphobes ayant réussi à percer.
    Ça renforce juste l’habituelle narrative illogique, transphobe et sexiste, ça nie toute la diversité, ça nous fait paraître moins nombreuxes que nous sommes, et ça renforce les stéréotypes généraux de la population.
    Ça renforce donc les stéréotypes des médecin-es, des psys, des propriétaires et potentiel-les colocs, des employeureuses, de nos ami-es, etc.
    Dans le même goût, inviter la SOFECT à un « débat », ou n’importe quel évènement, c’est... généralement pas une bonne idée.

     

  • Partage de documentaires ou films transphobes sur les réseaux sociaux.
    Répandons la mauvaise parole.
    Assurons nous de la perpétuation du schéma systémique.
    Et que nos ami-es trans qui ont eu le malheur de voir ce film ou ce documentaire et sont actuellement en PLS, le reste encore plus longtemps.

     

  • Refus de parler à l’inclusif, ou au moins d’essayer (je sais que c’est compliqué l’inclusif. Mais essayer c’est jamais compliqué.) En fait vous invisibilisez toutes les personnes non-binaires en faisant ça. Oui, un “Mesdames et Messieurs”, ça peut provoquer une crise d’angoisse.

     

  • Cisplication. Ou toustes ces cis qui tentent de vous expliquer pourquoi vous avez tort de ressentir les choses comme vous le faites, ou bien que tout le monde est humain au final et que à la poubelle les étiquettes. Merde. Renseignez-vous.
    Et essayez de comprendre que tout est lié.
    Que quand je vois que la personne dans le débat ne s’adresse qu’aux hommes et aux femmes ou que le discours tenu renforce la cisnormativité si je me sens exclu-e, c’est peut-être aussi parce que de fait nous sommes exclu-es de pas mal de choses.
    Exclu-es du boulot, dodo, santé, tout ça.
    Ah, et je suis au courant que y’a des cis pauvres, etc. Mais là on parle pas de ça en fait. On parle que quand t’es trans c’est beaucoup, beaucoup plus d’obstacles ne pas l’être, pauvre. La société veut juste pas de toi.
    Surtout si tu oses exiger qu’on te respecte.

     

  • Les chansons que les cis écoutent, avec la super (ironie) punchline que « la meuf est un mec ».
    Et tout l’humour basé là-dessus, et sur les autres clichés transphobes.
    Bah c’est aussi responsable des meurtres qu’on commémore aujourd’hui.
    Vachement responsable, Parce que c’est ces chansons-là qui font que les gens croient qu’on les trompe et qu’on les ment.
    Donc évite de l’écouter ou de la chantonner, ça pourrait donner des idées.
    Ah et. Spéciale dédicace à mon père, et à la personne très drôle (re-ironie) de Britain’s Got Talent, et à toustes les autres artistes. Écrivez pas ces chansons là. Et si quelqu’un-e vous suggère l’idée, vous avez le droit de le dire que c’est de la merde, hein.
    En vrai, être drôle c’est être inventife aussi. Et la transphobie on a fait le tour, donc cherchez ailleurs. Ce sera le bingo : + drôle, – oppressif.

     

  • Oui mais la cisphobie” (ou, des larmes cis).
    La fameuse, soit-disant cisphobie, qu’on nous sort à tous les plats. Alors qu’on est seulement en train d’essayer de supporter une situation difficile. Par un mélange de colère et d’humour.
    Avant de vous plaindre, avez-vous seulement pensé à ce que la personne qui vous adresse la parole vient de subir? Probablement bien pire que vous. Alors, bouclez-la.
    En plus, les blagues cisphobes sont généralement vraiment drôles. Et même si c’est une blague de merde. On s’adresse pas à votre petite personne cis, mais à la société cisphobe. Et c’est pas à nous de vous rassurer (encore du boulot pas payé. Après l’éducation, le soin aux personnes cis un peu frustrées de ce petit propos).
    L’oppression systémique est dans un sens. Les cis, qui dominent les trans. Laissez-nous essayer de survivre.

     

  • La police. Pitié. Ne m’en parlez pas. Oui j’ai subi des agressions, verbales, physiques, sexuelles. Oui on a tenté de me tuer.
    Mais en fait, je sais très bien que la police ne me sauvera pas. Elle est bien trop contente de son statut de domination. Aller les voir et parler de transphobie, ça ne mènera à rien, sinon plus de transphobie.
    Ceuxes que la police protège le mieux, c’est ceuxes qui ont le moins besoin d’être protégé-es.
    All cats are beautiful.

     

  • Les demandes de preuves. Je crois avoir déjà expliqué que la société fait en sorte que nous ne nous sentions pas légitimes.
    C’est pour ça que dans cet article, j’ai fait le choix de ne pas expliquer pourquoi les agressions, discriminations, etc., étaient transphobes.
    Je n’ai pas à vous décrire le comportement de mon boss depuis mon arrivée.
    Je n’ai pas à dire comment j’ai su que les ados dans le bus savaient que j’étais trans.
    En me demandant de me justifier, en me demandant le pourquoi spécifique à cette situation, vous contribuez à me faire douter de la véracité de ce texte, dont les faits sont pourtant tous vrais.
    Car le spécifique, c’est la recontextualisation, du général vers le particulier. Or le contexte spécifique importe peu. Et le contexte général, c’est justement la transphobie systémique de la société, celle-là même que les cis aiment tant à ignorer.
    En l’écrivant, ce texte, je me suis souvent dit que j’exagérais. Pourtant, en m’imaginant témoin extérieur à la scène, je sais que j’aurais eu le langage beaucoup plus dur si ça n’avait pas été moi, et que j’aurais encore moins édulcoré les choses. C’est aussi pour ça que je ne suis pas rentré-e dans le comment des choses. Pour rester au plus loin du côté spécifique du pourquoi. Et pour ne pas infliger la violence des détails à mes adelphes trans.

     

  • La pitié, et l’admiration. Qu’on se mette bien au clair.
    J’ai pas écrit tout ça pour qu’on me prenne en pitié hein.
    J’ai pas écrit ça pour qu’on se dise que tout va mal dans ma vie et oh, c’est malheureux, musique tragique.
    J’ai pas écrit ça pour que vous admiriez mon courage.
    J’ai pas écrit ça pour être source d’inspiration.
    J’ai écrit ça parce que je veux des droits, que je veux du respect, que la société veut pas me les donner, et que la société, c’est vous, en partie.
    Vous qui me refusez un job, qui avez aimé The Danish girl, qui restez dans votre coin sans jamais proposer d’aide quand les trans déjà précaires donnent aux ami-es plus pauvres, qui nous dites qu’on passe pas, et (je ne m’adresse pas ici aux personnes manquant de cuillers) qui exigez d’être éduqués personnellement, un article, c’est long, c’est compliqué, et vous voudriez bien des cookies pour avoir lu cet article jusqu’au bout parce qu’il est un peu long. Tenez, un deuxième cookie si vous y tenez.
    (Au passage, je l’ai écrit l’article, et il a été relu et corrigé, par des personnes elles-aussi trans.)

     

Alors voilà j’arrive à la fin, à la fin de cet article, de cette liste non exhaustive de votre complicité indirecte, car les cis veulent bien s’apitoyer, mais pas prendre leurs responsabilités, mais pas voir que c’est un problème sociétal, que TOUT le monde a reçu une éducation transphobe, notamment par les média, et qu’à un moment si on pouvait essayer de se regarder et vérifier les biais qu’on a encore, ce serait cool.

 

Je rajouterai une dernière chose. Je n’ai même pas parlé de croisée des luttes. Je n’ai même pas mentionné comment la transphobie c’était pire, quand on subit d’autres oppressions. Je ne donnerai pas d’exemples aujourd’hui, mais cherchez, vous en trouverez.

 

Alors aujourd’hui, ne pleurez pas nos morts.
Prenez votre minute de silence, multipliez-la par dix, vingt ou trente et utilisez-la pour apprendre les choses à faire et à ne pas faire, vous déconstruire, prendre vos responsabilités, vous rendre compte de vos biais, à vous, car vous en avez.
Nous avons déjà écrit, beaucoup.
Fait des vidéos.
Parlé.
Dessiné.
Alors lisez.
Écoutez.
Regardez.
Et aujourd’hui, laissez-nous pleurer entre nous.

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