L'indécence des valides dans le train

Soumis par Maxence le ven 27/10/2017 - 20:54

 

L'indécence des valides dans le train

  • Les faits :

Ce matin j’ai pris le RER avec ma béquille.

Comme d’habitude, il y avait beaucoup de monde et aucune place assise de disponible.

Mais ne pouvant pas tenir debout, j’ai pris mon courage à deux mains pour demander à une personne si elle pouvait me céder sa place.

Mot pour mot :

« Bonjour, est-ce que vous pourriez me donner votre place assise ?

-Heu… Pourquoi ? T’es malade ?

-Je ne peux pas tenir de bout longtemps »

Et là, la personne aperçoit ma béquille, qu’elle n’avait pas vue depuis le début :

« Oh je suis désolé-e je n’avais pas vu votre béquille, excusez-moi »

Sur ce, iel m’a laissé sa place.

 

  • Mon interprétation :

Mon handicap est invisible. En effet, de l’extérieur, je passe parfaitement pour une personne valide.

Aujourd’hui j’ai pris une béquille pour m’aider à supporter la fatigue et la douleur. Mais il y a des jours où je ne la prends pas, pourtant mon état n’est pas forcément meilleur.

Lorsque la personne m’a vu, iel n’a pas remarqué que j’avais une béquille.

Iel m’a directement tutoyé, certainement parce que j’ai l’air jeune.

Iel m’a demandé pourquoi je voulais sa place. Iel m’a demandé de me justifier en-soi.

Ce que j’ai fait, parce que j’avais besoin de cette place, et que je n’avais pas l’énergie d’opposer une résistance à sa question intrusive.

Lorsqu’iel a vu ma béquille, son comportement a immédiatement changé.

Iel s’est excusé-e, certainement de m’avoir posé des questions, et a commencé à me vouvoyer. Alors que ma situation n’avait pas changé. J’avais toujours l’air jeune, et j’avais besoin de cette place pour les mêmes raisons.

Sauf que ma béquille donnait de la visibilité à mon handicap.

Alors à ses yeux, je suis devenu instantanément crédible.

Je suis devenu crédible, et donc plus respectable, d’où le vouvoiement.

Pourtant mon handicap restait le même.

 

  • Le problème soulevé :

Quand notre handicap est invisible, il n’est pas pris au sérieux, parce qu’il n’y a pas de preuve visible.

Les personnes valides ne nous croient pas et demandent des justifications. Iels en deviennent intrusives. Ma santé ne regarde pas les inconnu-e-s que je croise dans la rue.

Pourtant mon handicap est réel.

On appelle cela du validisme ordinaire.

 

  • Les solutions :

Lorsqu’on est valide et qu’une personne nous demande sa place, on la lui donne.

Sans poser de question.

Parce qu’on ne peut pas connaître son état de santé, et cela ne nous regarde pas.

Et si on est handi-e et qu’une personne nous demande sa place, on est légitime à la garder, et à demander aux valides assis autour de soi de se lever pour la personne.

Lorsque l’on est jeune et handicapé-e, on n’est pas impoli-e de refuser notre place à une personne âgée. Si un-e jeune souhaite garder sa place, peut-être qu’iel a de bonnes raisons, il ne faut donc pas lae juger pour ça.

 

 

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