Témoignage: harcèlement et agression validistes

Soumis par Maxence le mer 01/11/2017 - 12:32

 

[Attention, ceci est un témoignage de harcèlement et d'agression validistes]

Si vous n'êtes pas à l'aise avec ce sujet, ne lisez pas cet article

 

Je vais vous raconter une histoire très marquante qui m’est arrivée quand j’avais 16 ans.

Je rentrais du lycée en béquilles, il était 18 h 30. J’avais beaucoup de douleurs, j’étais vraiment fatigué, j’étais en début de crise.

Dans la gare du RER, j'ai pris l’ascenseur, où il y avait déjà quelques personnes. Les gens me regardaient du coin de l’œil.

Là, une d'entre elles m'a dit :

« Bah alors gamin, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? T’as shooté dans un mur ou quoi ? Tu t’es cassé la jambe ? 

- Heu… Non. J’ai une maladie. »

Tous les regards se sont baissés instantanément.

« Ah ouais ? T’as quoi ? Mais t’es jeune pourtant, t’as quel âge ?

J’étais vraiment mal à l’aise de ces questions intrusives. Je n’avais aucune énergie, je ne savais pas quoi répondre, et aucune des personnes présentes ne disait mot.

« C’est une maladie génétique. »

Les gens paraissaient gêné-e-s et évitaient mon regard. 

Les portes de l’ascenseur se sont ouvertes. Ma seule envie était de fuir le plus rapidement possible. 

Mais la personne m'a suivi et m’a arrêté au milieu de la gare, en me tenant par le bras, alors que j’en avais besoin pour tenir ma béquille. J’ai manqué de tomber et me suis fait mal à l’épaule en me rattrapant dessus.

Son ton était autoritaire.

« Tu sais, je peux t’aider, j’ai bossé quelque temps dans un laboratoire de recherche, tu peux me donner ton adresse mail ?

- Je suis pas intéressé

- Ah bon ? Mais si t’inquiète, je veux juste t’aider !

- J’ai pas besoin de votre aide »

Des passant-e-s s’étaient arrêté-e-s pour nous regarder. Je les fixais un-e par un-e. J’avais besoin de soutien, la situation me dépassait totalement. Je m’éloignais d’ellui au fur et à mesure pour pouvoir partir.

« Nan mais donne-moi juste ton adresse mail, c’est rien t’inquiète !

- Non merci, laissez-moi tranquille maintenant. » Les gens m’entendaient mais aucun-e ne réagissait.

« Roh, t’es pas cool franchement. Je connais pleins de personnes qui pourraient t’aider ! Tu veux bien m’en dire plus sur ta maladie ? C’est quoi les symptômes ?»

Je commençais à paniquer, j’étais très intimidé, je ne savais plus quoi dire pour m’en sortir. Tout le monde évitait mes regards de détresse.

Iel s’approchait de moi au fur et à mesure que je reculais. Iel tendait sa main pour m’attraper le bras une nouvelle fois. 

J’ai monté le ton :

« Je vous ai demandé de me laisser tranquille ! » Je lui ai tourné le dos et j’ai commencé à partir.

« Mais pourquoi tu t’énerves ?! » iel parlait fort « T’es vraiment con sérieux ! »

Je n’ai pas répondu, j’ai forcé sur mes jambes alors très faibles, sur mes bras et mes béquilles, et j’ai avancé le plus rapidement que j’ai pu malgré ma fatigue grandissante et toutes mes douleurs.

Je m’étais senti si impuissant. Sans aucun soutien de la part des personnes autour. Mon handicap ne me permettait pas de fuir physiquement, ni de l’affronter en pleine possession de mes moyens. J’étais totalement vulnérable. J’ai eu l’impression qu’iel en avait profité. Le peu d’énergie que j’avais ce jour là me rendait déjà irritable, mais la situation dans laquelle je me suis trouvé a provoqué chez moi une crise d’angoisse. J’étais totalement désarmé. 

J’ai été en crise de douleurs pendant les jours qui ont suivi. Je souffrais physiquement, mais aussi émotionnellement. J’étais en état de choc.

 

 

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